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Économiquement, le Japon semble émerger du coma, alors que la Chine pourrait bien être un géant aux pieds d’argile.

Pendant que l’administration Trump poursuit la guerre culturelle du « Trumpland » continental contre l’océanique « archipel Clinton » qui comprend médias, Hollywood, turbo-capitalisme absolutiste, technologies de l’Internet, biotechnologies, juges trahissant la règle de séparation des pouvoirs (tous prospérant sur les rivages est et ouest du pays en écrasant les néo-prolétaires intérieurs du Trumpland), un quarteron de néocons animés par McCain et Graham continuent de harceler le président sur la question russe… avec l’appui de félons anonymes des services secrets organisant fuite après fuite, attendant sans doute le prochain Pearl Harbor.

Et pendant que l’administration Trump lance contre-feux et brouillages médiatiques, déplaçant le terrain sur la populaire question migratoire et sécuritaire afin de s’immuniser contre un danger de poutinisation (qui pourrait lui coûter sa présidence avant même d’avoir réussi), le président Trump poursuit un travail de fond entamé alors qu’il n’était encore que président élu : la relance de la croissance économique mondiale, donc américaine. Il a ainsi noué avec une multitude de chefs d’entreprise nationaux et internationaux, tous ouverts à la reconsidération du modèle tayloriste des frontières ouvertes, pour revenir à une idée proche de la géopolitique : celle des pôles de croissance. Donc investissements sur place et création d’emplois…

Les Asiatiques, et en particulier les Japonais, excellent en une telle fusion des genres : l’économie au service de la souveraineté. Il n’est donc pas surprenant que la toute première conversation téléphonique que reçut alors le président élu Trump fût avec la présidente de Taïwan, et que le tout premier dirigeant mondial reçu au même moment à la Trump Tower fut monsieur Abe, le stratégique Premier ministre japonais, revenu cette semaine officiellement à Washington pour rencontrer le président des États-Unis, avant de poursuivre ce week-end ses discussions en Floride avec « son ami Donald ».

Point de détail encore, mais quelques indices se dessinent. Économiquement, le Japon semble émerger du coma, alors que la Chine pourrait bien être un géant aux pieds d’argile.

La Chine vend essentiellement des esclaves et des hackers (pardon : des informaticiens), le Japon, de la valeur ajoutée industrielle. Plusieurs alliances industrielles (automobile, aérospatiale) pourraient mettre à genoux les Européens (donc les Allemands). Et les grands projets d’infrastructure du président Trump ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd : monsieur Abe a, ainsi, publiquement insisté sur les merveilles que le TGV japonais pourrait accomplir sur le sol américain (Trump avait lui-même évoqué le sujet d’un TGV en début de semaine en parlant aux dirigeants des compagnies aériennes : une alliance en perspective ?).

Quant au TPP (partenariat transpacifique dont Trump vient de se retirer), une substitution bilatérale Japon-États-Unis se mettrait en place, d’autant qu’un autre secteur bilatéral remonte à la surface : la Défense nationale, au moment où la Chine veut devenir une puissance maritime, tandis que le pantin nord-coréen devient agaçant. D’où le voyage en Asie du ministre de la Défense américain, James Mattis, en préparation de cette visite officielle… qui survient après une longue conversation téléphonique entre Donald Trump et le président chinois.
 

La Chine devra choisir entre Davos et ses intérêts. Abe semble avoir décidé. À suivre…

Source: http://www.bvoltaire.fr/andrearchimbaud/trump-abe-axe-usa-japon,313265

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