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Donald Trump va-t-il réussir son pari de ramener les jobs industriels aux USA? Il veut ré-industrialiser les Etats-Unis, en obligeant les grandes entreprises à rapatrier leur production industrielle, transférée au Mexique surtout avec l’accord NAFTA (North American Free Trade Agreement) entre le Canada, les USA et le Mexique, et en Asie. Il veut les ramener idéalement vers les états de la « rust belt » (la ceinture de rouille) où se produisaient autrefois les automobiles, les machines-outils, l’industrie lourde, toute la filière métal: Michigan, Illinois, Pennsylvanie, Ohio… Les grandes villes frappées de plein fouet sont Détroit, Chicago, Cleveland ou Pittsburgh.

31107045. Querétaro.- Se inauguró en la ciudad de Querétaro la Fabrica BRP (Bombardier Recreational Products) con la presencia del gobernador José Calzada Rovirosa y el director de esa empresa Tomas Wieners. NOTIMEX/FOTO/GUILLERMO G. HERNANDEZ/FRE/EBF/
Usine automobile transférée à Querétaro, au Mexique. Les « maquiladoras » ont détruit l’emploi industriel aux USA dans le cadre du NAFTA. Avec Trump, c’est terminé: le NAFTA sera renégocié et Trump met la pression sur les industriels…

Les électeurs de ces états ont massivement voté pour Donald Trump, désespérés qu’ils sont des ravages causés par la mondialisation à sens unique, voulue par les Démocrates qui suivaient les multinationales et les grandes banques dans leur échappée.

Le côté mexicain de la frontière est couvert d’usines qui assemblent pour les USA, en exemption totale des droits de douane: ce sont les « maquiladoras » (les zones de traitement pour export): des centaines de milliers de jobs, perdus pour les USA, qui arrondissent les profits des entreprises mais transforment certains états des USA en déserts économiques.

Le même processus est à l’oeuvre en Europe, ne nous y trompons pas et la désindustrialisation est dramatique chez nous, mais il n’y a pas encore eu le sursaut en Europe que le « populiste » Trump apporte aux Etats-Unis.

La classe ouvrière de la "rust belt", de Chicago à Cleveland, est enthousiaste pour les coups de gueule de Trump. Ca marche!
La classe ouvrière de la « rust belt », de Chicago à Cleveland, est enthousiaste pour les coups de gueule de Trump. Ca marche! L’hémorragie d’emplois semble s’arrêter.

Donald Trump a réussi à tenir une première promesse de campagne en empêchant Ford de délocaliser une usine de 1,6 milliard de dollars au Mexique. Ford la maintiendra en Ohio. Dès le mois de juin, il avait pointé une série d’entreprises, en train de délocaliser vers le Mexique: Ford, General Motors, Nabisco, Carrier,..

Il augmente la pression: mardi, le 3 janvier, il pointait General Motors en soulignant que GM assemble son modèle Chevrolet Cruze au Mexique et menaçant d’imposer une taxe de 35% à l’importation. « Plutôt que de d’envoyer des emplois et de la richesse à l’étranger, l’Amérique doit devenir l’aimant le plus fort du monde pour l’innovation et la création d’emplois », tweetait Trump…

GM se justifie (c’est déjà un bon signe) en déclarant que sa production principale de Chevrolet Cruze se fait à Lordsdown, Ohio et que seul le modèle décapotable se ferait au Mexique. L’usine de Lordsdown emploie 4.500 personnes. Les voilà sécurisés…

Mark Fields, le CEO de Ford, vient de soutenir Trump
Mark Fields, le CEO de Ford, vient d’assurer que Ford renonce à transférer au Mexique et que pour lui, c’est un « vote de confiance » envers Trump! Les industriels changent de cap et soutiennent la volonté de Trump de ré-industrialiser les USA.

Ford a lui annoncé que l’investissement annulé au Mexique serait remplacé par un investissement au Michigan et en Illinois pour y produire des véhicules électriques et auto-pilotés. Ford prévoit la création directe de 700 postes de travail. Mark Fields, le patron de Ford, confirme sur Fox News ce mercredi que pour son entreprise, c’est un « vote de confiance » pour l’agenda économique du président Trump. Voilà un soutien qui vaut son pesant d’or!

Ces quelques décisions symboliques vont avoir d’énormes répercussions sur l’investissement industriel aux Etats-Unis… et au Mexique. Toutes les entreprises, grandes et petites, revoient leurs plans d’investissement… Le Mexique essaie maladroitement de se défendre avec un communiqué, déclarant que les emplois automobiles transférés au Mexique permettent d’éviter de voir les usines partir en Asie (!) et gardent une série de sous-traitants aux USA… C’est vrai que ça pourrait être encore pire. Suffit de regarder l’Europe!

Donald Trump et Melania avec le patron du design de GM, admirant la nouvelle Cadillac. Les excellentes relations de Trump avec GM rendent sa pression très efficace sur les grands patrons...
Donald Trump et Melania avec le patron du design de GM, Ed Wellburn, admirant la nouvelle Cadillac. Les excellentes relations de Trump avec GM rendent sa pression très efficace sur GM et les autres grands patrons…

Bref, ce diable d’homme qu’est Donald Trump a réussi à faire le buzz économique sur la ré-industrialisation du pays.

Il prouve déjà qu’une politique de protectionnisme intelligent n’était pas une utopie mais est bien une possibilité réelle, offerte par l’exercice du pouvoir souverain. Avec Donald Trump se profilent des États-Unis musclés. Enfin débarrassés des scories du marxisme culturel des Démocrates? A suivre…

L’Europe, elle n’est nulle part, même si l’Eurocratie commence à parler timidement de ré-industrialisation…

L.R.

 

 

 

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