Print Friendly, PDF & Email

Une quinzaine d’Etats américains, seulement, avaient rendu publiques leurs données concernant le nombre de cas de tuberculose active parmi les réfugiés présents sur leur sol. Les rapports des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies multiplient ce chiffre par plus de trois… entre 2012 et 2015, ils ont compté 1.555 réfugiés atteints de tuberculose active.

Nombre de réfugiés atteints de tuberculose aux USA
Nombre de réfugiés atteints de tuberculose dépistés aux USA entre 2012 et 2015

Avec une crise migratoire qui a déraciné 65 millions de personnes en 2015 (contre 1 million en 1960), qui peut s’étonner du retour contagieux des grands maux des siècles passés ? Il semble en tout cas qu’il faille le taire.

1.555 réfugiés atteints de tuberculose active

C’est le site américain Breitbart qui est allé rechercher les chiffres des rapports annuels des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), la principale agence gouvernementale américaine en matière de protection de la santé publique et de sécurité publique. Leurs données sont très claires et témoignent de chiffres bien supérieurs à tous ceux colportés dans les media…

Depuis 2012, la première année où les CDC ont commencé à publier des données par catégorie sur les cas nés à l’étranger de la maladie, ils sont même en constante augmentation : ils sont passés de 358 à 409 en 2015 et forment un total sur quatre ans de 1.555 cas.

Trente-cinq États s’étaient soigneusement tus

C’est plus de trois fois supérieur aux données que Breitbart avait réussi à rassembler via les signalements au niveau fédéral ! Le site avait parlé en octobre, de 476 cas de tuberculose active parmi les réfugiés. Mais seulement une quinzaine d’Etats avait communiqué leurs données. Trente-cinq États s’étaient soigneusement tus, même s’ils avaient été obligés, parallèlement, d’en référer aux CDC.

Même parmi les quinze Etats, Breitbart en a trouvé qui avaient drôlement tronqué leurs chiffres… La Californie est emblématique : elle ne parlait officiellement que de 3 cas de tuberculose active chez ses réfugiés, entre 2012 et 2015, alors que les rapports des CDC en rapportent 251 !

L’incidence de la tuberculose parmi les réfugiés est bel et bien réelle. En Géorgie, 96 cas de tuberculose active ont été diagnostiqués dans le seul comté de Peach, entre 2012 et 2015. Au Texas, sur la même durée, on a dénombré 186 cas… Il y a, comme le souligne Breitbart, un réel problème de santé publique. 

La tuberculose de nouveau en augmentation aux Etats-Unis

Évidemment, c’étaient des chiffres à minimiser politiquement parlant, d’autant qu’aux Etats-Unis, comme partout, le nombre de réfugiés augmente inexorablement : il est passé de 58.238 en 2012 à 84.995 en 2016 selon le site internet du Département d’État. Et les trois premiers mois de l’année 2017 promettent le double des trois premiers mois de 2016…

L’augmentation du nombre de réfugiés ayant reçu un diagnostic de tuberculose active a été partiellement responsable de l’augmentation du nombre total de cas de tuberculose active nés à l’étranger qui forment 66,4 %, en 2015, de tous les cas de tuberculose diagnostiqués aux États-Unis.

A noter : en 2015, le nombre total de cas de tuberculose diagnostiqués aux États-Unis a augmenté au lieu de diminuer, pour la première fois, depuis 23 ans. 

Et la France ?

Difficile d’obtenir de tels chiffres en France…

Vaccination contre la tuberculose
La vaccination contre la tuberculose n’est plus obligatoire en France depuis 2007, ce qui augmente le risque de contagion par des souches résistantes aux antibiotiques

Rappelons qu’ici, le BCG [vaccin contre la tuberculose, appelé parfois la cuti-réaction – NDRL] n’est plus obligatoire depuis 2007, le nombre de nouveaux cas ayant attrapé la tuberculose ayant suffisamment diminué en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord : la prévalence de la maladie a chuté de 41 % entre 1990 et 2013 et le taux de mortalité a reculé de 45 % sur la même période.

Mais elle pourrait bien devenir à nouveau, dans ces pays occidentaux, un gros problème de santé publique. Car la maladie est concentrée dans les régions pauvres, orientales, africaines, asiatiques (39 cas pour 100.000 habitants en Europe contre 338 cas au Nigeria par exemple) : les pays à faibles ressources rassemblent 95 % des cas de tuberculose et 98 % de tous les décès dus à cette maladie. Et la crise migratoire actuelle dirigée vers les pays « riches » favorise sa propagation, via les camps de réfugiés et les centres d’hébergement.

La résistance aux antibiotiques s’étend…

Vente illicite de médicaments en Afrique
Les ventes illicites de médicaments en Afrique sont une des causes de la résistance aux antibiotiques…

Seconde cause d’inquiétude : apparaît depuis quelques années une forme de la tuberculose résistante aux différents antibiotiques, qui s’étend.[1] En Seine-St-Denis par exemple (NDLR : département à forte immigration africaine), les cas dépistés et traités de cette tuberculose nouvelle ont doublé entre 2012 et 2014 pour atteindre la cinquantaine… Et les spécialistes estiment qu’au moins autant de malades échappent encore à une prise en charge médicale.

Un rapport présenté au parlement anglais il y a deux ans, estimait que l’extension des souches ultra-résistantes sera responsable de la mort de 75 millions de personnes dans le monde et qu’elle coûtera plus de 16.000 milliards de dollars à la communauté internationale dans les prochaines 35 années…

Nul n’est devin. Mais la « crise migratoire » doit mécaniquement augmenter les risques.

Clémentine Jallais

Source: http://reinformation.tv/refugies-tuberculose-etats-unis-jallais-64508-2/

Note de la Rédaction du Peuple :

[1] Les souches microbiennes résistantes aux antibiotiques apparaissent surtout lorsqu’un traitement aux antibiotiques est interrompu avant son terme, dès que les symptômes visibles de la maladie ont disparu. En effet, à un tel stade, la plupart des microbes sont élimés, sauf ceux qui résistent le mieux au traitement : ceux-ci peuvent alors se multiplier et réinfecter le patient avec ces microbes plus résistants.

Il est donc essentiel de toujours poursuivre un traitement aux antibiotiques jusqu’au terme prescrit par le médecin.

Les souches résistantes aux antibiotiques se sont fortement développées dans les pays d’Afrique et du tiers-monde, notamment parce que dès l’amélioration de leurs symptômes, certains patients revendent sur les marchés le reste des antibiotiques qui leur ont été fournis.

Commentaires