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Ortega Diaz a qualifié d’« euphémisme » la volonté du gouvernement de s’absoudre de ses erreurs de gestion….

Les déclarations fracassantes, la semaine dernière, de Monseigneur Diego Padrón, le président de la Conférence épiscopale vénézuélienne, qui n’a pas hésité à accuser Nicolás Maduro de vouloir instituer une « dictature » avec son projet d’élection d’une Assemblée constituante à sa solde, prévue le 30 juillet (élection de 537 membres sur 545 d’une nouvelle Assemblée dont l’objectif est de contourner l’actuelle opposition, majoritaire à l’Assemblée nationale), ajoutant même que dorénavant il s’agissait « d’une lutte entre un gouvernement devenu une dictature et tout un peuple qui réclame la liberté », semblent instaurer un nouveau rapport de force.

Déclarations d’autant plus importantes que l’Église catholique vénézuélienne, soutenue par le Vatican (on se souvient d’une visite privée hors agenda de Nicolás Maduro au pape François en octobre dernier), a pendant très longtemps ménagé le président vénézuélien, espérant ainsi pouvoir jouer un rôle déterminant entre le pouvoir actuel et son opposition.

C’est dans ce contexte qu’il faut interpréter les atermoiements de la Cour suprême de justice à sanctionner « pour faute grave » le procureur Luisa Marvelia Ortega Díaz, une cháviste historique qui avait osé dénoncer la création de l’Assemblée constituante et la violence de la répression des manifestations. La semaine dernière, ses avoirs avaient été gelés et une interdiction de territoire lui avait été notifiée. Pour autant, elle refusait de se soumettre et déclarait à une radio argentine, Radio Con Vos, qu’elle entendait « rester à [son] poste pour défendre la démocratie » !

Quant aux accusations répétées du pouvoir, qui dénonce une ingérence américaine dans la crise actuelle, Ortega Díaz a qualifié d’« euphémisme » la volonté du gouvernement de s’absoudre de ses erreurs de gestion…

Consciente que l’essentiel se joue dans les prochains jours, l’opposition vient d’annoncer la tenue, dimanche 16 juillet, d’un référendum populaire contre ce projet d’Assemblée constituante avec l’ouverture, dans tout le pays, de 1.675 bureaux de vote. Une décision saluée et encouragée par une déclaration lue par les évêques vénézuéliens Mario Moronta et Victor Hugo Basabe lors de la clôture, le 12 juillet, de l’Assemblée plénière de la Conférence épiscopale du Venezuela, dans laquelle ils invitent tous les Vénézuéliens à y participer et à s’exprimer sur ce projet, en soulignant de plus sa « légitimité »  !

Condamnant, par ailleurs, ce projet dont « tout porte à croire que ce qui est demandé est d’établir un État militaire socialiste, marxiste avec la disparition de l’autonomie des pouvoirs, notamment le pouvoir législatif », les évêques vénézuéliens en appellent « aux responsables militaires, politiques et aux institutions éducatives et culturelles, [les invitant] à remplir leurs obligations constitutionnelles et à travailler avec la paix dans le pays ».

Un message clair à toutes les organisations constituées pour, enfin, chercher une solution de sortie de crise…

Source: http://www.bvoltaire.fr/venezuela-non-projet-de-dictature-de-maduro/

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