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Greenpeace se présente comme une organisation désintéressée dont le but est de protéger la planète en proposant « des solutions essentielles à la création d’un avenir vert et pacifique ». Et grâce au soutien inconditionnel des médias, le public le perçoit comme tel. Mais qu’en est-il vraiment ?

La genèse de Greenpeace

L'équipage de la première croisière de Greenpeace en 1971 (photo © Greenpeace / Robert Keziere)
L’équipage de la première croisière de Greenpeace en 1971 (photo © Greenpeace / Robert Keziere)

Son origine remonte à 1969 : c’est un petit groupe d’hippies pacifistes, le « Comité Anti-Tsunami » (Don’t Make a Wave Committee), qui s’oppose aux essais nucléaires américains dans les îles Aléoutiennes : ils prétendent que ces essais allaient créer un tsunami qui dévasterait les côtes canadiennes.

Les essais eurent lieu… sans même qu’une vaguelette n’arrive jusqu’au Canada ! Malgré cela,  le Comité Anti-Tsunami réussit à mobiliser l’opinion publique, suite à quoi les États-Unis arrêtèrent leurs essais sur ces îles après 1971… et les poursuivirent dans le désert du Nevada, avec des répercussions beaucoup plus importantes pour l’environnement !

Le Rainbow Warrior, un des navires de la flotte de Greenpeace
Le Rainbow Warrior, un des navires de la flotte de Greenpeace, destiné à médiatiser ses campagnes…

En 1972, ce comité se renomme Greenpeace. Il se diversifie dans d’autres combats, notamment contre la chasse aux bébés phoques, le nucléaire civil et l’industrie chimique. Grâce à ses bateaux, ses actions sont spectaculaires et largement relayées par les médias. Greenpeace se développe ainsi en une remarquable « pompe à fric », récoltant par ses actions médiatiques le soutien financier de millions d’adhérents.

Dans les coulisses de Greenpeace

Dans les coulisses de Greenpeace sur AmazonLe livre « Dans les coulisses de Greenpeace » en dit long sur l’organisation. Il a été écrit en 1997 par Philippe Lequenne, qui connaît bien l’organisation de l’intérieur, ayant travaillé à Greenpeace France, comme cadre puis comme directeur, de 1981 à 1991.

Greenpeace est une multinationale puissante, avec de nombreuses filiales, parfois occultes, dans divers pays. Son objectif est de gagner beaucoup d’argent, par des campagnes émotionnelles bien médiatiques qui génère un maximum de dons du public.

Les sujets sont donc sélectionnés pour leur sensationnalisme et leur impact médiatique… et pas pour leur effet sur l’environnement ou la santé !

Ainsi, Greenpeace ne mènera jamais une campagne qui puisse être impopulaire dans les pays qui les soutiennent le plus.  Les domaines les plus ciblés sont l’écologie marine et les industries nucléaires et chimiques – pas les transports, le tourisme, la construction ou l’agriculture, par peur de perdre sa popularité auprès du public.

Les messages transmis aux médias sont toujours courts, radicaux et écrasants d’accusations. Greenpeace n’éprouve aucun besoin de dire la vérité et applique volontiers le dicton « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ». En effet, il est très rare qu’on ose les attaquer en justice : Greenpeace a des avocats puissants et bénéficie du soutien total des médias…

La science et l’environnement malmenés

Parfois, pour se donner une apparence de crédibilité, Greenpeace commande, auprès de scientifiques ralliés à leur cause, des rapports démontrant leurs thèses foireuses. Ils les présentent comme des études scientifiques, mais leur style pseudo-scientifique ne berne que le grand public !

Sinon, Greenpeace n’en a cure de la science, comme l’aurait admis un de ses dirigeants : « Notre rôle n’est pas d’être scientifiquement correct, contrairement aux entreprises et aux capitalistes » (source). Ce que Greenpeace recherche, c’est de l’émotionnel, avec des messages courts, simplistes et émouvants, qui frappent bien l’imagination. Qu’importe ce que dit la science : ce qui compte, c’est d’augmenter le nombre personnes crédules prêtes à leur faire des dons !

Patrick Moore, fondateur désabusé de Greenpeace
Patrick Moore, un des fondateurs de Greenpeace, l’a quitté en protestation contre son mépris pour la science…

Par exemple en 2006, Greenpeace aurait diffusé accidentellement un communiqué de presse antinucléaire inachevé contenant cette phrase : « Dans les 20 ans qui ont suivis la tragédie de Tchernobyl, il y a eu [COMPLETER ICI AVEC DU BLABLA BIEN TERRIFIANT] » ! (source)

Nombreux sont ceux qui reprochent à Greenpeace son mépris pour la science ; parmi ceux-ci, Patrick Moore, le seul de ses fondateurs à avoir une formation scientifique, l’a quitté avec fracas pour fonder une consultance vraiment écologique. Suite à quoi Greenpeace l’a effacé de sa communication – comme Staline le fit avec Trotski ! (source)

Des campagnes pseudo-scientifiques

Le mépris de Greenpeace pour la science est flagrant quand on analyse ses campagnes :

  • Les bébés phoques sont très mignons, mais leur chasse est tout sauf un problème environnemental !
    Les bébés phoques sont très mignons, mais leur chasse est tout sauf un problème environnemental !

    Parmi celles qui lui ont rapporté le plus d’argent, il y a la campagne contre la chasse aux bébés phoques : ceux-ci sont tellement mignons ! Pourtant, les phoques sont loin d’être une espèce menacée. De plus, ce sont de gros mangeurs de poisson qui, avec la surpêche, contribuent à menacer la biodiversité marine. La chasse aux bébés phoques est donc tout sauf un problème environnemental !
     
    Pour mieux attendrir le téléspectateur, Greenpeace aurait été jusqu’à payer quelqu’un pour dépiauter vivant un bébé phoque devant ses caméras – ce que jamais un vrai chasseur de phoque ne ferait. (Source)

  • Dans les années 90, Greenpeace a initié une campagne contre le chlore, qu’il présentait niaisement comme « l’élément du diable ». Pourtant, le chlore est un élément indispensable à la vie. L’insuffisance en chlore dans le corps (hypochlorémie) pose des problèmes de santé. Et sans désinfection de l’eau au chlore, des épidémies de choléra apparaissent, comme par exemple au Pérou en 1991 (plus de 1500 morts).
     
  • Greenpeace a œuvré au bannissement du DDT, un insecticide puissant qui, dans les années 50, a largement contribué à l’amélioration des rendements agricoles. Or, si son utilisation intensive en agriculture est effectivement nocive pour la biodiversité, il n’est que très faiblement toxique pour l’humain : un adulte doit en avaler 20 grammes avant d’avoir un effet ! (Source)
     
    Par contre, le DDT est idéal pour luter contre la malaria, qu’il a parmi d’éradiquer dans plusieurs pays. Suite à son bannissement, la malaria a repris dans de nombreuses régions, tuant plus d’un million de personnes par an.
     
  • Le remorquage du Brent Spar
    Le remorquage du Brent Spar

    En 1995, quand Shell déménage sa plate-forme désaffectée Brent Spar pour la couler dans l’Atlantique, Greenpeace s’y oppose, prétendant mensongèrement qu’elle contient plus de 5000 tonnes de pétrole. Filmé par de nombreuses chaines de télévision, Greenpeace occupe la plateforme et lance une campagne très médiatisée de boycott de Shell en Allemagne. Cédant aux pressions, Shell finit par démonter la plateforme.
     
    Or, tout plongeur sous-marin sait combien les plateformes et navires coulés sont des nids de biodiversité, excellents pour l’environnement marin. De plus, un audit indépendant établit que Brent Spar contenait à peine quelques dizaines de tonnes de résidus pétroliers : Greenpeace est contraint de s’excuser auprès de Shell (source). Mais pour Shell qui a perdu plus d’une centaine de millions d’euros dans l’affaire, le mal est fait. Alors que Greenpeace y a gagné des dizaines de millions en dons…

Le Goliath de la désinformation

La stratégie de Greenpeace leur rapporte gros : 346 millions d’euros en 2015 (source)… soit une centaine de fois le budget communication des grosses multinationales qu’ils attaquent ! Ce qui explique qu’ils finissent toujours par gagner contre celles-ci… d’autant plus qu’ils ont le soutien inconditionnel des médias.

Greenpeace prétend protéger l’environnement et la santé, mais il n’en est rien : la majorité de ses campagnes y sont nuisibles. Par exemple :

  • Le riz doré m'aide à survivre
    – Sais-tu ce que ce produit peut te faire?
    – Oui, m’aider à survivre!

    Ses campagnes anti-OGM. En effet, aucun des OGM commercialisés n’a montré le moindre effet nocif pour la santé où l’environnement. Plusieurs d’entre eux permettent de limiter l’utilisation de pesticides ; d’autres peuvent être cultivés sur les sols arides de pays pauvres.
     
    Et avec le Riz doré, un OGM contenant la vitamine C qui fait défaut dans de nombreux pays pauvres, on sauverait chaque année, selon l’UNICEF, entre 600.000 et 2 millions d’enfants d’une mort certaine. (Lire notre article)

  • Ses campagnes anti-nucléaires. En effet, les études scientifiques sérieuses démontrent que seul le nucléaire permet, avec l’hydroélectrique, de répondre à la demande en électricité sans émettre de CO2. Et qu’en pratique, les énergies renouvelables intermittentes (éolien et photovoltaïque) n’économisent pratiquement pas de CO2. (Lire notre article).
     
  • La pyramide anti-plastiques de Greenpeace
    La pyramide anti-plastiques de Greenpeace

    Ses campagnes contre les plastiques. Jusqu’il y a peu, Greenpeace voulait bannir tous les plastiques, sauf les biodégradables. Or dans de nombreux domaines, ceux-ci améliorent l’environnement (par exemple, diminution du poids dans les transports) ou la santé (prothèses, implants, instruments médicaux…).
     
    Aujourd’hui encore, Greenpeace veut bannir le PVC car il contient du chlore, « élément du diable ». Or, le PVC présente plusieurs avantages environnementaux. De plus, il convient très bien dans la construction car, ne brûlant pas spontanément, il prévient la propagation des incendies.

Tout sauf ce qu’on croit

Banderole anti-Le Pen posée par Greenpeace sur la Tour Eiffel le 5 mai 2017
Banderole anti-Le Pen posée par Greenpeace sur la Tour Eiffel le 5 mai 2017

Greenpeace est donc tout sauf une organisation désintéressée qui protège notre environnement et notre santé. Elle va même jusqu’à lancer des campagnes politiques bien médiatiques (de gauche bien sûr) pour racoler des dons. Par exemple, Greenpeace a organisé en janvier des manifestations contre les mesures anti-immigration de Donald Trump dans plusieurs pays (source). Et récemment encore, Greenpeace a accroché une banderole anti-Le Pen sur la Tour Eiffel (source).

Manifestation anti-Trump organisée à Molenbeek par Greenpeace le 20 janvier 2017.
Manifestation anti-Trump organisée à Molenbeek par Greenpeace le 20 janvier 2017.

Ainsi, contrairement aux apparences, Greenpeace n’est qu’une organisation vénale. Son véritable objectif est de soutirer de l’argent à public désinformé. Et son moyen favori, c’est d’exploiter des craintes infondées qu’il contribue à disséminer. Loin de « sauver le monde », Greenpeace le fait sombrer dans l’ignorance, l’obscurantisme et le déclin.

Pensez-y la prochaine fois que ses sympathiques délégué(e)s viendront vous solliciter de l’argent !

J.S.

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